Vaincre ses démons

-C’est quoi bonheur?

J’me suis souvent posé la question.
J’me suis souvent demandé ce qui me rendrait heureux.
Ce qui me permettrait de me lever chaque jour avec un sourire étampé sur le visage même lorsque Duhaime joue à la radio.

Pourquoi j’ai des amis qui incarnent le bonheur, transpirent le Francis Reddy, pendant que moi, je les envie d’avoir trouver la recette secrète?
Tsé, le genre d’ami qui te fait chier tellement ils sont heureux.
Rien ne les dérange.
Il voit le positif dans tout :
« Pas grave les puces de lit, ça va me permettre de faire un bon ménage»
« Une crevaison… Tu veux dire une aventure!»

À l’aube de mes 26 ans, je me suis posé toutes ses questions.
Je voulais entamer mon deuxième quart de siècle avec la certitude d’en avoir aucune.
Ma première étape fut d’arrêter de regarder les autres, et de commencer à m’écouter.
Mes humeurs, mes réactions, mes émotions.
Je voulais comprendre mon tempérament.

Ça n’a rien donné!

Rien pour atteindre le bonheur.
Par contre ça m’a permis de comprendre que j’avais des conflits internes.
Pourtant le bonheur est sous nos yeux, partout.
Pour l’apercevoir, il faut seulement être dans le bon état d’esprit, mais le plus dur, c’est de trouver une façon d’y demeurer.

N’ayant aucun outil pour vaincre mes démons, j’ai décidé de consulter un psychologue.
Meilleure décision ever.
Mes constats sont véridiques.
J’ai de l’anxiété sociale.

«Ben voyons Mike, tu fais du théâtre, de l’impro pis là de l’humour. Tu es sur une scène à te faire juger par les gens. C’est à l’opposer de l’anxiété sociale.»

Justement, en montant sur scène, un personnage rentre en jeu et je peux contrôler ce que les gens peuvent penser.

En gros, mettons qu’on est dans une soirée.
Tu discutes avec du monde, pis là y’a un dude qui vient pis Y GOSSE.
Y’a rien de plus gossant qu’un gars qui gosse.
Ben moi, je préfère m’isoler, ne pas m’intégrer pour ne pas risquer d’être le gossant.
Pis je sais maintenant que c’est seulement dans ma tête.

Voici ce qui se passe entre mes deux oreilles.
Mon cerveau pense… trop.
Chaque personne a des réactions, des idées et des jugements.
Mon cerveau pense à vous, vos jugements.
Je mets en doute tous mes faits et gestes pour éviter un jugement basé sur une mauvaise interprétation.
La meilleure solution que mon cerveau a trouvée : faire de l’évitement.
Préférer intérioriser mes peurs, mes joies, mes opinions, mes blagues, mes folies pour éviter un jugement erroné.

À priori, c’est une bonne solution.
C’est vrai, les gens ne peuvent pas détester quelque chose qui ne se passe pas. Toutefois, ils ne peuvent apprécier quelqu’un qui ne parle pas.
Voilà, mon problème. J’suis rentré dans un cercle où je me retiens de m’exprimer pour être aimé, mais comment peut-on aimer quelqu’un qu’on ne connait pas?

J’ai pourtant des amis, des gens qui m’apprécient, car ils ont eu la patience de voir en dessous. De comprendre qui je suis et ainsi, éclipser ma peur.

Maintenant, je peux vous dire que mes 26 ans commencent bien.
Avec mes nouveaux outils pour vaincre mes Martineau, je vais mieux.
Je me lève chaque matin avec un sourire, puisque je ne cherche plus le bonheur, je l’entretiens.

Sans rancune, mon premier quart de siècle.

Mike

 


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