Le pouvoir de l’exclusivité

Plus jeune, on nous apprend à partager. On nous incite à donner nos bonbons et nos jouets à nos amis. Pourtant, c’est en vieillissant qu’on se rencontre que partager, ce n’est pas toujours le fun.

Posséder quelque chose, en avoir l’exclusivité.  Avoir enfin entre ses mains un objet qu’on a longtemps convoité. PlayStation, iPhone, bijou, peu importe le trésor, l’effet est le même. Quand on a longtemps travaillé puis économisé pour obtenir quelque chose, notre dernier souhait est de partager cedit quelque chose.

Aimer quelqu’un, être l’unique objet de ses désirs, vivre une relation exclusive. Aimer c’est bien, être aimé, c’est encore mieux. Être le seul et unique amoureux de quelqu’un, c’est une façon rapide d’être valorisé. Si je suis aimé, c’est que j’ai certaines qualités.

Savoir quelque chose en exclusivité. Dans les médias, on nous bombarde souvent de mêmes textes exclusifs. La plupart du temps, le contenu exclusif est mis de l’avant et marqué d’un gros titre rouge. E-X-C-L-U-S-I-F : 8 petites lettres qui valident trop souvent la crédibilité d’un texte.

Obtenir un objet rare, une exclusivité. Pour récompenser leurs plus fidèles clients, les grandes marques et les plus grands experts marketing de ce monde leur offrent la chance d’obtenir quelque chose d’exclusif. « En exclusivité, le nouveau iPhone à 900 $ » ou bien « En exclusivité 15 % de rabais sur quelque chose de bien trop dispendieux ». Aubaine ou cadeau empoisonné? 

Mais pourquoi sommes-nous toujours à la recherche de l’exclusivité? Un désir facile à combler, mais difficile à expliquer.

Ce besoin d’être toujours le premier. Le premier à obtenir quelque chose, à lire une nouvelle, à remplir le cœur de quelqu’un… Ce besoin de se sentir unique et différent, n’est-ce pas cela que nous voulons faire?

Tandis que plusieurs personnes fondent devant les succès musicaux, d’autres ragent contre ceux-ci. Personnellement, je ne trouve pas ça beaucoup mieux de détester quelque chose parce que tous les autres l’aiment.

Despacito. Des-pa-ci-to, comme dirait l’autre. Tu te souviens de cet été où tout le monde chantait (ou essayait de chanter) ce succès featuring Daddy Yankee. Si tu as passé l’été à te cacher de cette chanson entrainante, tu n’es pas mieux que tous les autres.

Tes goûts musicaux, littéraires ou culinaires ne font pas de toi une personne unique. Ils font partie de toi, mais ne te définissent pas. Aimer quelque chose pour se sentir différent, ce n’est pas suffisant. Prends plutôt le temps de prendre le temps (ah!) afin de définir ta vraie nature.

Tu seras toujours unique, quels que soient tes goûts. Arrête de te comparer aux autres. Arrête de prendre trop de temps à te définir par rapport aux opinions populaires. Aime ce que tu aimes.

Sans rancune, Daddy Yankee, je l’aime bien ton succès populaire.

Chloé