Le couple en trois temps

Du conte de fées qui finit toujours bien au premier baiser dans le sous-sol d’un ami en passant par la quête de l’amour, le « vrai », on flirt une bonne partie de notre vie avec l’innocence, la pureté et la fragilité, puis, un bon jour, on se frappe le nez à la porte de la conscience. La connaissance de soi, de ses limites et de ses besoins. Ma vision du couple, tout comme ma définition de l’amour au sens large du terme, s’est réinventée à maintes reprises

> Le couple, l’illusion

Après les remous de ma « vraie » première peine d’amour (on s’en remet, apparemment!), le couple m’est soudainement apparu comme une monstrueuse construction sociale, un moule, un guide d’instruction IKEA à suivre.

Un itinéraire sans détour, aller du point A au point B : triper sur quelqu’un, frencher quelque part dans un bar, officialiser la relation et faire comme tous les autres couple font, c’est-à-dire aller au cinéma, cuisiner, marcher main dans la main, célébrer sa première année d’amour dans un bon restaurant, écouter des séries les soirs de semaine et dormir en spoon. That’ s it.

J’avais des hauts le coeur juste en imaginant devoir retomber dans ce pattern qui, plutôt que de l’entretenir, tue n’importe quel couple à petit feu. J’étais déterminée plus que jamais à rester seule pour un maudit long bout parce que je ne savais plus trop qui j’étais devenue dans tout ça.

> Le couple, la découverte de soi

J’ai laissé le temps bien faire les choses. Le coeur (magie!) a parfois la mémoire d’un poisson rouge. Puis, j’ai brisé un nouveau coeur cette année-là. Ça a été une véritable révélation. Si cette seconde ère amoureuse s’est avérée non fructueuse, elle m’a toutefois permis de me trouver, moi. J’étais enfin parvenue à mettre des mots sur mes feelings à moi, d’abord et avant tout. En prenant du temps pour moi, j’ai compris que les réponses à mes questions n’étaient pas toujours celles que je voulais entendre, mais que je devais m’écouter, et ne pas tenter de tenir à bout de bras une relation dans laquelle je ne m’épanouissais pas.

> Le couple, une équipe

Aujourd’hui, plusieurs années plus tard, le couple m’apparaît comme une équipe. Un team de feu avec nul autre que la personne avec qui j’ai choisi d’avancer. Cette personne pour qui mon amour évolue au fil du temps. Le couple comme un fruit. Un fruit dont la saveur et la couleur changent au fil du temps : plus il devient mûr, plus il est unique, précieux. On le consomme doucement, on le savoure entièrement.

Une relation de couple saine, à mon sens de fille de 24 ans, c’est avancer, des p’tits bouts en se tenant la main, et d’autres moments chacun de son bord du chemin, mais en ayant toujours comme repère la même ligne d’arrivée. C’est se relayer, laisser l’autre reprendre son souffle avant de repartir quand il trouve la course plus difficile. C’est être celui qui joue le rôle d’éclaireur quand l’autre a la chienne, qu’il ne sait plus par où aller.

C’est s’écouter, mais surtout s’entendre. Lire à travers les lignes. S’inspirer mutuellement. Être fan l’un de l’autre. S’impliquer naturellement dans nos choix, puis respecter les limites, les siennes, puis les nôtres.

C’est s’aider à prendre conscience de nos forces, de nos faiblesses, et de vouloir changer pour le mieux, tous les jours, pour soi-même d’abord. C’est jamais se coucher sans avoir réglé les petits conflits. C’est s’aimer et parfois se taper sur les nerfs… sans rancune!

Arianne Caron-Poirier

 


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