Introspection pour l’avenir

Dix.
Neuf.
Huit.
Sept.
Six.
Cinq.
Quatre.
Trois.
Deux.
UN!
Bonne année!
J’te souhaite amour, santé, succès et argent!

Bonne année!
J’te souhaite amour, santé, succès et argent!

Ouin.
Je ne me sens plus aussi à l’aise de recevoir et de souhaiter les mêmes vœux à tout le monde.
En souhaitant, l’amour, le succès et la santé, tu ne peux pas te tromper.
C’est la base.
Mais à force d’appuyer play sur la même cassette année après année après année, j’ai l’impression que ces souhaits perdent de leur essence.
Tous les mots que je prononce sont sincères, c’est pas ça le problème.
C’est le souhait qui a perdu de sa sincérité.
Je me sens comme si j’avais partagé l’une de ses jolies phrases pleines de sagesse agrémentée d’un Minion sur Facebook, je me sens sans aucune originalité.

Pis c’est pas la seule chose que je trouve redondante.
Oh non!
Il y a une face B sur ma cassette.
C’est le côté où toutes les mêmes résolutions me viennent à l’esprit :
– J’vais mieux manger.
– J’vais re re recommencer à m’entrainer.
– J’vais arrêter de procrastiner.
– J’vais arrêter de fu… j’vais attendre les promesses de Justin Trudeau.
Bref, plein de résolutions pour me sentir comme une bonne personne selon les pubs à la télé.

Pourquoi ne pas faire différemment cette année?
Au lieu de prendre une résolution populaire, pourquoi ne pas en prendre une qui me définit?
Travailler sur ce qui me rend unique : ma personnalité!

Par quoi commencer?
Mon humeur à géométrie variable, ma confiance ou ma gêne en public?
Ma gêne, c’est un bon début.
Mais comment?
J’peux pas juste arrêter, du jour au lendemain comme dans les bons films d’Adam Sandler. J’dois analyser ma gêne pour en trouver la source.

Au secondaire, j’étais moi.
Je disais le fond de ma pensée.
Par contre, les tuques, les gants et les manteaux zippés, c’était loser.
Logik, Food, Sean Jones et Ecko garnissaient ma garde-robe.
En plus, je dormais avec ma chaine, mon bracelet pis mes bagues.
Bref, j’étais identique à un membre de G-Unit, à une couleur de peau près.

Malgré tout ce style From the streets de Granby, je n’avais aucune gêne.
Je croyais que le jugement des gens se basait sur mes vêtements griffés.
En vieillissant, j’ai compris que c’était faux.
Mes paroles avaient un impact plus grand sur le jugement des autres que le fait d’avoir un rhinocéros sur mes t-shirts.
Ma gêne est née d’un désir de plaire.
Je préfère être discret que d’offusquer les autres avec mes folies.
Prendre mon trou devant des inconnus est devenu ma nouvelle griffe.
Par contre, cette gêne inconsciente, mais stratégique, brime qui je suis réellement.

L’improvisation a longtemps été mon échappatoire.
Toutes ces folies qui me traversent l’esprit ont maintenant un public, qui par le rire, approuve mes idées.
Pourquoi cette sensation de liberté devant 50 personnes, mais l’incapacité de l’obtenir devant trois personnes autour d’une table?

Sur scène, je ne cherche pas à plaire, je cherche à me plaire dans ce que je fais.
Autour d’une table, à force d’analyser mes paroles pour satisfaire l’exigence des autres, je m’oublie.
Pour 2016, c’est terminé tout ça!
Je vais ressortir mon linge Rocawear et Wu-Tang.

Sans Rancune, Michael de 2015!
Mike

 


Pour lire les anciens textes sur le même thème: