Hola, les lolos!

Il y a de cela quelques jours, l’amoureux et moi, on marchait vers la maison. C’était vendredi, il faisait beau pis on venait de se bourrer la face de bonne bouffe.

À un moment donné, on croise deux filles. Deux belles filles, je crois. Je n’ai pas tant remarqué leurs visages pour une simple et bonne raison : une des deux ne portait pas de brassière. Elle ne portait qu’un léger chandail qui laissait peu de place à l’imagination, mais beaucoup de place à ses mamelons.

Mon amoureux les a vus, je les ai vus et ils (les mamelons) nous ont probablement vus le voir. Personne ne fait rien, ne dit rien, on continue notre marche.

Deux minutes plus tard survient la question qui tue de mon très peu subtil lover: «Toi, Chloé, est-ce que tu porterais pas de brassière en public?».

Pas de brassière en public.

De tout mon calme, je lui réponds par la négative. De cette réponse est accompagnée une panoplie de bonnes raisons :

– «J’ai des plus gros seins que cette fille-là, ce serait certainement pas aussi beau.»
– «Si je porte pas de brassière, je vais avoir mal au dos.»
– «T’sais, s’ils ont inventé la brassière, c’est pour une question de confort.»

Pis là, quelques jours plus tard, j’ai juste envie de me dire une chose : «Arrête de mentir, Chloé».

Le savez-vous pourquoi j’enfile une brassière dès que je quitte mon appart’? Parce que je n’ai pas l’assurance de cette fille-là. That’s it, that’s all. Avec un peu plus d’assurance, je vous jure que je les brulerais vives, mes maudites brassières pis que j’embrasserais le mouvement. #freetheboobs

On vit dans une société où on nous apprend très tôt que les seins, c’est les «parties intimes de la fille» et qu’il faut les cacher et ne surtout pas les montrer aux p’tits gars. Mais dès que l’on comprend l’effet que les seins peuvent avoir sur ces p’tits gars-là, on a rapidement envie d’avoir de gros lolos pour les mettre à profit.

À l’adolescence, j’ai ardemment voulu d’ÉNORMES seins. J’en voulais des gros pis j’avais vraiment hâte d’en avoir. Dans mon cas, la fleuraison a été lente, mais ô combien profitable! Et c’est alors que j’ai commencé à emprisonner mes précieux dans des maudites brassières! Pourquoi? Parce que c’est ce qu’on m’a appris.

J’ai l’impression que toutes les remarques, les comparaisons et les images qu’on envoie aux jeunes filles sont très marquantes.

Si un jour, j’ai la chance d’être la mère d’une ou plusieurs fillettes, je me fais la promesse de ne jamais au grand jamais m’abaisser, me critiquer ou juger négativement mon apparence physique.

J’ai toujours été plus grande, plus imposante, plus curvy que la plupart des mes amies. J’ai toujours vu ça comme quelque chose de négatif. Avec le recul, je sais que ça n’a aucun bon sens pis je trouve ça plutôt triste.

Comme bien d’autres filles, être complètement nue devant un miroir, c’est très difficile. Le chemin qui mène à l’acceptation de son corps est plutôt long et ardu. C’est une bataille quotidienne que j’espère un jour gagner.

Sans rancune, la fille pas de brassière, c’est toi qui as raison.

Chloé

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(Merci à Bernard Adamus pour l’inspiration du titre!)


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