Du succès introspectif

Avoir du succès est une envie qui m’habite constamment.
D’un métier à une partie de « Trou d’cul », je veux réussir.
Je ne parle pas nécessairement de perfectionnisme ou de compétitivité, même si bien sûr, il y a en un peu. Ce que j’aime, c’est penser à la meilleure stratégie selon les informations obtenues. Les erreurs sont permises, car elles me permettent de reconnaitre et améliorer mes faiblesses. C’est une mentalité qui m’a valu, auprès de mes amis, l’expression : « Mike gets shit done ».

Maintenant, je fais du stand-up depuis quasi 2 ans et je peux vous dire que j’ai réussi.
En faisant de l’humour, j’ai obtenu un revenu total de 187 dollars et environ 75 consommations houblonnées.Dans ce calcul, il faut aussi rajouter des dépenses d’environ 500 dollars pour mes déplacements et mes repas avant les différents spectacles.

Bon, je sais.

En lisant ces lignes vous doutez sûrement de mon succès, mais… je vous le jure, ça va bien mes affaires!

Je comprends que dans les yeux des gens, le succès en humour se résume par la réponse à deux questions : « As-tu fait un gala Juste pour Rire? » ou « As-tu fait de la télé? ». C’est des réalisations concrètes. Une étampe de crédibilité qui résume FUCK ALL la réalité du métier.
As-tu du succès comme garagiste en participant à Pimp my ride ou comme cuisinier quand Gordon Ramsay te postillonne dans la face?

Pensez-y deux secondes et ramenons le stand-up à la base. Si tu veux faire de l’humour la première compétence à développer : parler devant un public. Il y a ô combien de personne qui ont de la misère à faire ça? Rappelle-toi comment les oraux étaient un supplice pour certaines personnes. Petit carton à la main, plaques rouges sur le corps et scelles molles cinq jours avant les 2 minutes portant sur les plaques tectoniques.

Comme un athlète du UFC, tu dois posséder une base dans différentes techniques d’arts martiaux. La boxe, la lutte, le jiu-jitsu, le kickboxing, le judo, le muay-thaï, etc.
C’est la même chose avec l’humour, il y a différentes techniques à maitriser.
Je ne parle pas de l’ADN de l’humour de Juste pour Rire. L’anecdote, le sketch ou le personnage sont des styles d’humour, mais quand je parle de technique, je parle du rythme, de l’instinct, du silence, de l’écoute du public, des act out, de l’écriture, de l’aisance, de la confiance, etc.

J’ai choisi ce métier, car mon côté perfectionniste ne sera jamais rassasié. Ma soif d’amélioration, ma volonté de développer les différentes techniques me permettra de devenir un réel artisan du stand-up. Je veux faire rire avec des sujets qui me plaisent plutôt que de plaire avec des sujets qui sont juste drôles.

Quand je pense à mes débuts, je sens l’assimilation de différentes techniques. Je constate qu’à chaque spectacle j’améliore quelque chose et que je livre la marchandise. Je n’ai pas l’urgence d’obtenir une reconnaissance, puisqu’elle viendra tôt ou tard à force d’avoir du succès dans chaque défi que j’impose.

Sans rancune, Gordon Ramsay

Mike